A propos de notre travail

Le Voyage de Betsalel réunit et analyse différentes expressions artistiques du patrimoine juif.

Pourquoi avons-nous choisi de faire voyager Betsalel ? Car il est écrit « L’Eternel a désigné nominativement Betsalel … Il l’a rempli d’un souffle divin ; d’habileté, de jugement, de science, d’aptitude pour tous les arts ; lui a appris à combiner des tissus; à mettre en œuvre l’or, l’argent et le cuivre ; à tailler la pierre pour la sertir, à travailler le bois, à exécuter toute œuvre d’artiste. Il l’a aussi doué du don de l’enseignement… » Parachat Vayakel 31-35

Betsalel, dans ses pérégrinations, nous emmène à Doura-Europos où sur les fresques de la synagogue nous voyons l’existence d’un programme iconographique juif déjà établi au 3e siècle ; il nous fait connaître les mosaïques de la synagogue de Beth Alpha qui témoignent de la vie des Juifs pendant les siècles qui suivirent la destruction du second Temple en Erets-Israël ; il nous fait visiter l’église Santa Maria la Blanca de Tolède en nous rappelant qu’elle a été transformée en église en 1405 ; il nous dévoile des manuscrits enluminés qui jalonnent l’histoire juive et aborde des vies d’artistes, des choix iconographiques, puis il nous invite au théâtre, car les pièces de théâtre d’un peuple sont des photographies de pensées, des reflets de sentiments, des valeurs de générations.

Un art multiple…

Le Voyage de Betsalel vous présente le langage artistique d’un peuple qui a vécu dispersé 2000 ans au sein des nations.

Si, encore de nos jours, certains historiens considèrent que l’art doit être défini par un style, et que l’art juif de par sa multiplicité ne présente aucun style homogène, d’autres historiens, le voit simplement comme l’expression d’un peuple, l’âme d’un peuple qui, au cours du temps, là où il s’est trouvé, a su s’adapter, s’intégrer, vivre et créer sans perdre son identité.

Betsalel à Propos

Que nous fait connaître Betsalel?

Dans son voyage Betsalel nous fait connaître les synagogues construites après la destruction du Temple. Il se déplace en Europe où, du moyen âge au 17e siècle, le commanditaire principal d’œuvres d’art est l’Eglise. Les communautés juives et chrétiennes vivent selon un certain consensus et ne se mélangent pas cependant on retrouve des similitudes dans les techniques employées dans les deux communautés.

L’Académie des Belles Lettres

Au 18e siècle, en France, l’Académie des Belles Lettres est responsable de la diffusion des dernières découvertes archéologiques en Orient. Elle est chargée des campagnes de fouilles en Erets Israël et ne reconnaît à Jérusalem aucune trace juive. Selon elle, les seuls vestiges en place sont de style gréco-romain.

A la fin du 18e siècle, en Europe, avec le processus d’émancipation, les artistes juifs peuvent apprendre le dessin et la peinture. A côté d’un art cultuel se développe un art réalisé par des artistes juifs qui s’engagent dans des courants artistiques sans rien dévoiler de leur judéité.

Félix de Saulcy

Au 19e siècle, Félix de Saulcy, membre de l’Académie des Belles Lettres,  numismate et archéologue, suite à un voyage en Erets Israël en 1850, remet en question de vieilles théories. Il prouve aux savants de l’Académie des Belles Lettres ceux-là mêmes qui, à l’époque, décidaient de la véracité d’une découverte archéologique ou historique en Terre Sainte, que l’art juif existe.

En 1853, une salle, appelée galerie judaïque, est inaugurée au Musée du Louvre. Elle comprend des pièces ramenées par Felix de Saulcy. En 1893, la première chaire d’histoire de l’art ouvre à la Sorbonne, mais on ne parle pas encore d’art juif. C’est également à cette époque que naissent  les premières collections rassemblées par des amateurs tels Isaac Strauss en France, David Kaufman en Hongrie. Leurs collections donneront naissance aux premiers musées d’art juif en Europe.

Félicien_de_Saulcy
Boris schatz

Boris Schatz

Au tout début du 20e siècle, Boris Schatz crée, à Jérusalem, l’Ecole de Betsalel, la première École d’arts appliqués depuis la dispersion du peuple. Son but est de : «…répandre l’art en Erets Israël, mais également de créer un art hébreu, ou plus exactement, de rassembler les étincelles d’art juif dans le pays et dans le monde, où elles furent éparpillées durant deux millénaires…».

En 1932, l’incroyable découverte des fresques de la synagogue de Doura Europos, en Syrie, va pousser de nombreux historiens à reconsidérer les idées préétablies quant à l’art juif.

Et pour le Théâtre!

A l’époque du Talmud, les sages interdisent le théâtre. Ils l’assimilent aux jeux de cirque qu’ils considèrent idolâtres.

Des centaines de Pourimspiel, pièces jouées à l’occasion de Pourim nous sont parvenues. Au siècle des Lumières, les Juifs s’essaient au genre théâtral en hébreu ou en yiddish. A la Belle Epoque, en Europe, il y a une multitude d’auteurs, d’acteurs et de directeurs de théâtre juifs. A New York, au début du 20e siècle, il y avait 17 théâtres yiddish sans oublier les 684 pièces écrites et jouées en ladino dans les Balkans.

Outil de distraction et de réflexion, le théâtre juif existe bien.