Italie

Les Juifs ont vécu en Italie sans interruption de l’époque des Maccabées jusqu’à nos jours soit une période de 21 siècles. On estime à 50 000 le nombre de Juifs habitant en Italie, au Ier siècle de notre ère. La plupart habite les environs de Rome et y travaillent la terre mais il y a également des écrivains, des peintres et des acteurs. Leur connaissance de l’hébreu est rudimentaire. Lorsque le christianisme devient religion officielle dans l’empire romain, l’attitude des autorités à l’égard de la communauté juive change. En 529 Justinien émet un édit stipulant que les Juifs sont des citoyens inférieurs. En revanche, lors de l’invasion du roi ostrogoth Théodore leur situation s’améliore. Au 13e siècle, les Juifs sont regroupés dans le sud de la péninsule. Certains rabbins exercent la médecine, écrivent de la poésie liturgique et traduisent en hébreu des textes latins et arabes. Sous le règne de Frédéric II, on leur confie le monopole du tissage de la soie et de la teinture ; ils connaissent la prospérité. Au début du 14e siècle ils commencent à exercer les métiers de banquier et prêteur à intérêt. Les communautés juives se multiplient. Au 16e siècle les rabbins s’ouvrent au monde profane sans pour autant cesser d’étudier le judaïsme. Parmi eux le talmudiste Benjamin Recanati, le poète Emmanuel Salomon de Rome, le commentateur de la Michna Ovadia de Bertinoro, les philosophes Elija Delmedigo Yohanan Alemmanno, le poète Don Isaac Abravanel venu se réfugier en Italie après l’expulsion d’Espagne. De 1600 à 1800 les papes Paul IV; Pie IV et Pie V imposent les ghettos. Les murs des ghettos tombent avec l’entrée de l’armée française de Napoléon.